Donc si tu ne donnes pas dans le bucolique, les fleufleurs et les oiseaux, tu peux aller faire un tour dans ma revue de blog, là, à gauche, tu trouveras un truc sympa à lire
Et si tu restes, je te préviens, c'est long.
Je n'ai rien de mieux pour ce soir. Ne râle pas. T'as envoyé ta photo ? Bon alors.
J'aime bien mon jardin. Il n'est pas très beau, c'est un jardin ouvrier avec un petit bout devant, et le reste derrière la maison.
Deux pelouses bordées de ciment, qui furent longtemps un potager.
Séparé des jardins des voisins par un simple grillage à droite et un petit muret à gauche.
Quand
j'ai vu ça la première fois, je me suis dit que pour bronzer nue, ça
allait être compliqué, mais au final, je ne me fais jamais bronzer dans
mon jardin. Quand aux voisins, âgés, ils ne descendent que pour bosser dans
le potager et récolter. Tôt le matin.
C'est d'ailleurs grâce à Guy, que Petit Zorro a pris ses premières leçons de jardinage (les genoux cagneux à droite, ce sont les siens, pas le miens...)
Il pourrait être très beau ce jardin, mais il faut plein de thunes et un jardinier à demeure avec du muscle.
Dieu m'est témoin (ça lui arrive) que je suis bricoleuse, mais scier, fagoter, transbahuter, ratisser, c'est tuant. Parfois, j'enrage de ne pas être un homme.
Aujourd'hui j'ai encore failli balancé la scie et pleurer tant la force me manquait. J'ai voulu scier quelques branches en hauteur. Tu sais quoi .... je manque cruellement de biceps.
Mais le plus gros de mon boulot n'était pas là.
Figure toi que la tempête a déraciné les cinq sapins du fond du jardin.
"qué sapins ?" me dit Guy
"ben ceux au fond là !" (si...regarde bien au fond, à gauche sur la photo)
"ah les sapinettes ! "(avé l'assent)
Sapinettes, sapinettes, mon cul oui ! Quand ça fait cinq mètres de haut et trois de circonférence chaque spécimen, chez moi on appelle ça un sapin.
D'ailleurs, Jacques, autre voisin retraité qui se chargera de les tronçonner et de les évacuer, tout tatoué qu'il est, à mis 5 jours pour s'en sortir.
Les sapinettes géantes masquaient un appentis. Un appentis de jardin, lecteur citadin, c'est une cabane ouverte pour abriter les outils, les pots de fleurs, les sacs de terre, les tuyaux d'arrosage, bref le bordel du jardinier.
Or d'un coup, l'appentis s'est retrouvé en pleine lumière, enlaidissant considérablement le jardin déjà pas folichon en hiver.
Depuis quelques semaines, je le regardais et je guettais le thermomètre et la couleur du ciel en attendant le signal pour foncer, enfourcher mon balai et faire mordre la poussière aux araignées. On ne pouvait pas y avancer d'un pas sans se retrouver le visage au milieu d'une toile.
J'ai un fond maniaque... je résiste difficilement à l'envie de tout nettoyer quand c'est sale.
Et le signal est venu du ciel ....
Des grues. Elles ont zébré le ciel tout l'après midi, en jacassant. Elles devaient être en route pour l'ile de Ré ou Marcus a dû les voir débarquer quelques heures après. J'ai eu une pensée émue pour les marais salants de l'Ile où une partie d'entre elles prendraient leurs quartiers d'été, et moi avec j'espère.
J'ai
plongé dans la poussière. En tee shirt, avec de gros gants pour ne pas effleurer les
araignées de mes mains nues.
J'aime bien les observer, tu le sais, mais de là à les caresser....
Je n'ai pas été déçue, j'en ai vu des dizaines, de toutes les tailles, de toutes les formes et de toutes les couleurs, et même des espèces assez bizarres, toutes blanches transparentes qui marchaient en crabe. Même si je ne suis pas femme à hurler pour une souris ou un insecte, je n'ai pas résisté quand une grosse noire velue est tombée du plafond sur mon bras. Cri d'effroi donc et grosse baffe à l'imprudente puis frissons dans le dos pendant quelques minutes; j'avais l'impression que ça bougeait dans mes cheveux...
Entre les sapins et l'appentis, il y avait un espace d'un mètre cinquante environ, où quelques lilas tentaient désespérément de survivre en allant chercher haut la lumière et où, surtout, je mettais toutes les cochonneries à pourrir, l'herbe coupée, le bois des rosiers bardés d'épines plus méchantes les unes que les autres, les cadavres d'oiseaux, des musaraignes et des lézards, victimes malheureuses du caractère toujours très joueur et sans pitié de Zorro le chat.
Or donc, comme j'ai décidé de faire un potager sur les 10 ou 15 mètres carrés libérés, et il faut que je nettoie tout ça.
Et crois moi, l'herbe pourrie, c'est lourd.
Et les sacs poubelles... légers. Ils ne tiennent pas debout.
Ce qui fait que quand je réussissais à soulever avec ma foufourche le tas de merde, tu pouvais être sûr qu'au moment où je le laissais tomber dans le sac, un tiers à peine se retrouvait au fond du sac et le reste, à côté. J'ai donc dû y aller à la main, gantée rassure toi.
Eh je te garantis que c'est pas joli, joli ce qu'on y trouve là dedans, une fois que la nature fait son œuvre comme on dit. Les vers de terre n'ont pas dû se retrouver trop dépourvus quand la bise fût venue. Ils étaient bien gras.Je te passe le détail...et l'odeur.
D'ailleurs, il faudra que je fasse gaffe à ce que Petit Zorro ne soit pas là le jour où je retourne la terre, parce que j'ai enterré ses deux premiers chats par là.
Mais foin de sentimentalisme : il me faut de la place pour les courgettes et les potirons.
Ceci dit, quand je pense au boulot à abattre pour arriver à en faire de la terre cultivable, j'en pleure à l'avance. Je crois bien que je louerai les services de Lilian,(encore un autre voisin retraité...après ne t'étonne plus que je me sente seule parfois ; mon quartier, c'est le quartier de tous les voisins retraités avancés de la Gironde....) qui jardine à 10€ de l'heure, pour avoir le plaisir de rentrer du boulot et de découvrir mon potager prêt à être travaillé
Quand tout sera fini, il y aura des canisses en bambous pour planquer l'appentis, les lilas tous ragaillardis, des bananiers (ça pousse du tonnerre ici) , des ipomées bleues géantes qui grimperont sur la canisse et mon potager devant, joyeux et coloré. Au programme, courgettes, tomates, petits pois, aubergines, potirons, et même des melons.
Je te promets une photo ici même quand j'y serai parvenue.
Le moment fort en émotion du week end : le sauvetage de Piaf, le rouge gorge du jardin, rentré dans la maison, et qui voletait partout affolé, n'osant se poser, vu les regards gourmands que lui jetaient les deux chats en transe, la bave au coin de la gueule.
Et j'ai réussi.
Le moment dramatique : Jocelyne la larve (non ça n'est pas un bigorneau) s'est pris un coup de pelle sur le ventre, et a lutté un certain temps contre les fourmis venues en nombre la découper en morceaux menus, pour ne pas manquer quand la bise fût venue.
Mourir un si beau jour, c'est moche, j'te jure.
Quand j'ai commencé ce billet, je voulais t'entretenir de l'état lamentable dans lequel j'ai fini le week-end, après deux après midis à jouer à Nicolas le Jardinier.
Ce matin après une grande nuit de sommeil, crois-tu que j'étais fraîche comme une fleur ? Bernique.
Complètement fracassée des muscles.
Et les muscles, t'en as partout, à commencer par les tendons d'Achille..., j'ai failli crier en faisant les premiers pas.
Puis j'ai jeté un œil dans la glace, persuadée au moins d'avoir l'air reposé, une journée au grand air, une bonne nuit.....
J'étais bouffie. La peau gonflée, les yeux fripés. Trop de poussière sans doute...
Rebelotte aujourd'hui en démarrant par 10m² de terre à retourner pour semer des fleurs.
Ensuite les clématites à tailler, les plantes achetées ce matin à mettre en terre, la pelouse à ratisser (je hais le gros laurier qui me colle des feuilles partout)....
J'ai bossé sans réfléchir, sans m'arrêter sous peine de ne pas pouvoir repartir.
Toute l'après midi.
J'ai failli m'assommer avec le manche de la pelle qui m'a glissée des mains en plein effort. Bilan : une bosse sur la pommette droite
J'ai fini dans un état indescriptible à faire trempette au fond d'un bain chaud.
Fallait vraiment que ça aille mal. Je ne prends jamais de bain. Je m'ennuie dedans.
Bon ben là, j'ai eu mal.
Le temps que mes mains et mes bras égratignés se fassent à la température.
J'ai triplé la dose d'huile relaxante à la lavande.
J'ai failli glisser en sortant de la baignoire, et j'ai donc loupé de peu la fracture du col du fémur (assez en vogue dans le voisinage).
Alors, voilà, si tu manques d'espace et d'exercice, je t'accueille bien volontiers.... dans mon jardin.
Je dispose d'un appentis tout neuf, tout beau.
Il y a encore un peu de poussière, mais presque plus d'araignées.
Bon, ça sent encore un peu la pisse de chat, mais on s'y fait très vite.
Logement gratuit en échange de menus services au jardin.
Et puis, le grand air ....il n'y a que ça de vrai.
Crois moi.

Quand j'habitais en Bourgogne, ma maison était juste sur une ligne de migration des grues. C'était un spectacle extraordinaire. Deux fois par an, il y en avait des milliers qui passaient en formation. Quelquefois pour se rassembler, elles se mettaient à tourner dans des cris assourdissants.
Rédigé par: macaron | 16 mars 2009 à 09:24
Ecoute, je te propose de venir t'aider en échange de quoi, tu viens m'aider pour mon potager à moi... C'est équitable, non ?
Surtout que le mien, ça fait plusieurs années que je le fais donc la terre est un peu plus meuble...
Rédigé par: La Papote | 16 mars 2009 à 10:49
Ben dis voir, au moins le grand air donne de la légèreté teintée d'humour à ton billet, comme à ton habitude .
Le voilà enfin, le grand article sur ton jardin, je suis comblé ! Tiens, j'en ferai le pendant lorsque je reviendrai du mien. Mais pour te dire, vu l'état dans lequel tu te trouves après un week-end et 500 m² (?), je me demande au sortir d'un hiver sans trop d'énergie comment je vais bien pouvoir m'occuper de mes 1600 m² ;-) Surtout qu'il me faut planter au moins 50 m de haies fleuries, et encore 50 m de haies fruitières en espalier... Plus 300 m² de potager à retourner, et 1000 m² d'herbes hautes à tondre... Et je ne parle pas des plate-bandes à retourner avant de les fleurir, ainsi que quelques arbres d'ornement à planter pour bientôt avoir de quoi accrocher le hamac...
Ca me manque vraiment d'avoir les mains dans la terre, le sécateur dans la poche et le pied sur la bêche à fourche.
J'aime beaucoup les petits jardins ouvriers, j'en ai eu un il y a quelques années dans la cité ouvrière de la Chocolaterie Ménier, j'ai passé beaucoup de temps à retourner la terre.
Si j'ai quelques petits conseils à te donner, surtout ne jette pas tes herbes coupées et tes épluchures, ça fait un magnifique compost. Rajoutes-y quelques branches pour aérer, et surtout, évite d'y mettre n'importe quoi ;-) Que du végétal... Surtout que sous tes sapinettes, la terre doit être devenue acide, il va te falloir l'amender pour que tes melons et tes tomates poussent bien.
Pour le laurier, à moins qu'il ne te cache la vue de tes voisins, tu peux le tailler serré sans hésiter. Il donnera toujours de quoi parfumer tes ratatouilles et tes pots au feu, sans trop saloper ta pelouse et ça économisera tes petits bras lors du ratissage.
Pour les lilas, maintenant qu'ils ont la place, va falloir les rabattre aussi un peu, sinon tu seras obligée de monter sur une échelle pour faire un beau bouquet, ce qui est périlleux.
Bon, le printemps commence à couler dans toutes les veines, et pas seulement celles des plantes. Je vois que tu as plein de projets, c'est bien. Et ton enthousiasme paysager est communicatif.
Dis voir, je suis volontaire si tu as besoin d'un coup de main. J'accepte la paille de l'étable pour couche, et l'eau du puits pour la toilette. Et en remerciement, un bon repas arrosé d'une bouteille de Pessac-Léognan. Ca me changera les idées et ça occupera mes journées chomées, si si.
Et j'aime beaucoup jardiner et bûcheronner, c'est presqu'une seconde nature chez moi ;-)
N'hésite pas, c'est sincère.
Rédigé par: Philémon | 16 mars 2009 à 15:34
Qu'est-ce que j'ai ri !
Décidément, j'adore te lire... (je sais Philémon, on n'adore que Dieu !)
Quant tu viendras à ma maison, tu verras que niveau jardin... c'est pas terrible. J'aimerais vraiment me préparer un petit potager... mais cette terre collante et pleine de caillou me rebute. T'enfonces la pelle-bêche une fois (t'as vu, j'ai du vocabulaire en jardinage moi aussi) et quand tu la ressors, elle pèse une tonne cinq, presque autant que tes bottes en caoutchouc.
Rédigé par: lou | 16 mars 2009 à 18:42
oula, pas le temps de lire tuot ça, je passe en coup de vent, mais je vois du vert, ça sent le printemps et le sourire. Content.
On essaiera de repasser :)
Rédigé par: jcfrog | 17 mars 2009 à 08:48
ahaha, j'adore ton billet bucolique !!!
presque pareil que lou pour le jardin, j'ai vraiment du mal à avoir un minimum l'envie d'essayer de commencer à m'y mettre (si avec tout ça, c'est pas clair que j'aime pas batifoler dans la gadoue herbeuse...) Et par contre, nous avons acheté une maison avec jardin déjà emménagé en immense potager, nous avons fait joujou avec pendant disons 6 mois, laissé pourrir trop de tomates et décidé que le jardin, non, ce n'était pas pour nous. Pour donc tout "raser/retourner/becher/semer du gazon" et zoupla, plus de potager ! Mais les bonnes tomates nous manquent, donc on va peut-être en refaire un tout petit petit dans un tout petit coin, mais à l'unique condition que mon homme accepte de s'en charger lui tout seul ! (j'aime pas les vers de terre)
Et pour ton bain, bah t'aurais dû me demander des produits Lush, ça rend tout bain divin ! ;) (et non, je ne suis pas représentante/commerciale de la marque)
Rédigé par: Addline | 18 mars 2009 à 16:10
@Macaron : c'est chouette comme spectacle, ça reste un mystère. Cela me fait le même effet en moins fort, que lorsque j'ai vu les baleines dans le St Laurent...
@La papote : quand j'aurais fini le mien, mais c'est pas gagné, mon voisin m'a dit qu'il fallait que j'oublie son motoculteur à cause des racines de thuyas... et je me vois mal retourner la terre à la bêche !
@Philémon : 300 m² de potager ??? La vache ! je viens d'apprendre que mon jardin ne fait que 350 m²...
Merci pour les conseils, je vais les retenir. Et merci bcp pour ta proposition qui me touche et que je devine sincère. Mais je n'ai pas de quoi t'accueillir ;-) en dehors de l'appentis, et j'aurais très très mauvaise conscience !!!
@Lou : bon ben ....je viens quand ? :-)
@Jcfrog : ah ben voilà : depuis que Môssieur donne des concerts dans sa cave, Môssieur n'a plus le temps de lire...
@Addeline : ah les tomates ! depuis que j'ai un jardin et que j'en fais pousser, je ne peux plus acheter celles du commerce ! le goût est incomparable. Des tomates du jardin + de la mozarella de bufflone : le pied de l'été ! Et je te demande des produits Lush, quand tu veux ;-)
Rédigé par: Missrainette | 19 mars 2009 à 21:29