Visage d'ange enfoui sous les oreillers
Les plumes blanches volent par les coins mal fermés
Les yeux de myosotis fermés
Elle laisse couler
Une larme nacrée
Le long de son nez
Première blessure, premier coup
Pour un cœur encore trop mou
Mais qui durcira avec les années
Bénédickt
*******************
La couleur de l'aurore
Est la même que la mort
Elle est noire et s'éclaircit
Quand la lumière se ravive
Le soleil, comme l'âme, monte
Sans crainte ni honte
Les bras se tendent vers la lumière
Comme ceux d'un enfant vers sa mère
Oh belle délivrance que la mort
Quand une triste destinée
De côté vous a laissé
Comme une porcelaine dans sa vitrine
Un vieux coussin sur un lit
Un souvenir au fond d'une mémoire
Poupée cassée au fond de l'armoire
Quand portée par les anges
L'âme arrive au ciel
Où plus rien jamais ne la ronge
Où tout est éternel
Alors elle songe
Que la vie vaut d'être vécue
Pour une telle récompense
Zvetlana
....................
Voilà, voilà, voila...... Je sais, c'est trop de bonheur de te laisser lire des trucs pareils, mais tu vois, je ne pouvais pas te laisser ignorer plus longtemps, l'auteur dramatique que je fus pendant un temps. Ne me demande pas pourquoi je mettais un k à mon prénom ni pourquoi je l'échangeais contre un autre aussi tarte que Zvetlana. Je tiens à garder une part de mon mystère.
Revenons si tu veux bien, sur la plus belle strophe de ce poème.....
Oh belle délivrance que la mort
Quand une triste destinée
De côté vous a laissé
Tu noteras sans ricaner (parce que si ça se trouve, toi aussi tu fus un grand poète romantique) cette envolée lyrique du plus bel effet, d'un optimisme débordant, j'étais donc une grande amoureuse de la vie, genre très youkaidiaida...
(attends, deux secondes, je vais changer de radio, car depuis une demi-heure que Jérome Gallienne lit de la prose russe, c'est limite si je ne vais pas craquer et me coller une balle).
J'avais une confiance sans limite en l'avenir, et une force pour affronter les turpitudes de l'adolescence qui me laissent encore baba.
Bon, tout de suite après j'ai plongé dans Hubert Félix Thiéphaine.
Je trouvais ça troooop bien. Trop profond, trop vrai.
Et franchement, le coup de la petite fille avec une seringue dans le bras, c'était le must.
Puis, j'ai eu les cheveux rouges, respiré un grand coup de Pistols, Clash, Joy Division, Nina, Ramones, Madness.
Puis je me suis retrouvée avec Eagles, une grande chemise blanche, des tresses à l'indienne et des fleurs dans les cheveux, coooool. (mais sans alcool et sans pétard, le jour où t'en fera autant, jeune Padawan, on en reparle)
Ça allait donc beaucoup mieux.
Ne vas pas t'imaginer que je fus une ado rebelle, ouhla ! Il eu mieux valu d'ailleurs.
Mais bon, là-haut (dans ma tête alouette) , c'était pas toujours la joie.
Même....je vais te dire, si je pouvais noircir le tableau, c'était encore mieux.
Et je peux bien t'avouer que j'ai mis du temps à me débarrasser de cette foutue manie de me faire des scénarii encore plus catastrophiques que le cafard que je traversais. Il fallait que ce soit bien moche. Genre... j'écoutais des musiques à plomber n'importe quelle ambiance de fête, et vas-y que je brodais dans ma tête, et que j'étais la fille la plus malheureuse du monde de la terre
Je pleurais des rivières dans mon coin, personne comme personne ne s'en rendait compte, c'était encore mieux, car je pouvais être encore plus triste.
Le drame atroce je te dis.
Depuis ça va beaucoup mieux. Je suis moins jeune, j'en ai chié pour de vrai, je regarde moins mon nombril aussi. Je sais vachement bien relativiser.
Ah, j'ai retrouvé un journal intime aussi...
Rose, avec un dessin de Sarah Key.
Et une serrure. Les fabricants savent que les mère lisent aiment bien fouiller dans les affaires de leurs filles. Ils sont prévoyants.
Journal dans lequel il y a toujours ma première lettre d'amour. 1979....Jean Philippe, ou ma première pelle. Ce qui ne l'a pas empêché de me larguer un jour à la récré, sous la pluie, après quelques mois de flirt quasi platonique. Pendant ce temps, Sylvie L. couchait depuis belle lurette avec Georges, savait ce qu'était une pipe et s'était chargée de me l'expliquer en n'omettant pas de préciser que la Véronique P, si elle avait des boutons autour de la bouche, eh ben, fallait pas chercher pourquoi.
J'ai relu quelques pages. J'ai peine à croire que j'ai pu écrire des trucs pareils. Et pourtant...
Tu n'y crois pas tellement j'étais gnian gnian.
L'archétype de la jeune fille qui attend le grand amour et qui se demande quand est-ce prévu pour ? Et pourtant, on ne m'a quasiment jamais lu de contes de fée.
C'est à se demander d'où je sortais ses attentes là.
Alors que le garçon ne pensait qu'à te glisser la main dans la culotte, pendant qu'il te roulait des pelles interminables, que tes mâchoires te faisaient tellement mal, que tu priais pour que ça s'arrête, tout en lui remontant vingt cinq fois de suite la main à une hauteur raisonnable.
J'avais quatorze ou quinze ans (Dieu sait ce qui se pratique aujourd'hui...).
Car alors que ses amygdales baignaient dans la testostérone, et que ses yeux fouillait (en vain) dans le col V de ma chemise col pelle à tarte, moi j'attendais les mots d'amour, les roucoulades, et tout le tintouin.
Je voulais vivre une histoire d'amuuuuur.
Autant de dire que ça ne s'est pas tout à fait déroulé comme je l'imaginais.
Allez, un p'tit dernier pour la route ?
(je te passe le début quand même, c'est long...)
L'automne s'en est allé,
L'hiver vient d'arriver
Je n'entends plus ce merveilleux oiseau
Je n'entends plus le gargouillis de l'eau
Car l'hiver est venu
A petits pas menus
(tu noteras que les rimes font presque le même nombre de syllabes, ça t'en bouche un coin, non ?)
Remarque, en 1979, les Beegees, c'était pas mieux (et après non plus d'ailleurs).
Alors, ce soir c'est ma tournée, c'est Karaoké.
"Tragedy when the feeling's gone
and you can't go on
It's tragedy, when the morning cries
And you don't know why
It's hard to bear
With no one to love you
You're going nowhere".
Pour l'instant c'est moi qui gagne le césar.

L'année dernière j'ai fait du rangement dans ma chambre chez mes parents et retrouvé mes journaux intimes...Aaaah...Un grand moment de gniangniantise!!
Je trouve tes poèmes mignons et ils me rappellent les premiers textes de chansons écrits quand j'étais au lycée et que je ne parviens pas à retrouver...
Quels souvenirs... ;)
Rédigé par: oliviachanteuse | 03 novembre 2009 à 08:19
:)
Rédigé par: gael | 03 novembre 2009 à 13:30
- Dans 43 ans et demi quand nous relirons nos Blogs nous devrons avoir une certaine dose de recul... remarque dans 43 ans et demi j'aurai, c'est une certitude un recul certain !
Bleck
Rédigé par: Bleck | 03 novembre 2009 à 15:51
Ha haha ! ce qu'on pouvait être niaises alors ! J'écrivais le même genre de gnangnantises... tu me décomplexes !
Rédigé par: Lor | 03 novembre 2009 à 21:31
Un bien joli billet émaillé de si touchants petits poèmes.
La longueur de certains billets rebute parfois le lecteur que je suis, mais c'est très rare que ce soit le cas quand je passe ici.
Une grosse bise pour toi Bénédicte.
Rédigé par: Marcus | 04 novembre 2009 à 12:53
on s'y croirait :)
comment c'est maintenant bah quasi pareil, ça dépend où tu habites mais c'était déjà le cas
mais le, pire c'est pas ça nan nan, le pire c'est quand tu te rends compte que 30 ans plus tard, eh bien même si du recul tu en as, y a des jours t'es pas loin d'être exactement mais alors exactement la même que quand t'avais 15 ans ... les boules t'imagines même pas.
Mais d'un autre côté ça me ferait chier d'être blasée
Rédigé par: sapq | 04 novembre 2009 à 12:56
J'adore le commentaire de Bleck ! :-D
"La couleur de l'aurore
Est la même que la mort
Elle est noire et s'éclaircit"
=> Ca aussi, j'adore ! :-D ;-)
Rédigé par: La Mère Joie | 04 novembre 2009 à 13:19
Je dirais que j'adore les poétesses et que ton idée est si bonne que je vais fouiller mon grenier que je n'ai pas, mais c'est plus joli que Borde...et je vais en mettre aussi, si tu veux bien, ça fera comme un jeu...bonne soirée!
Rédigé par: tifenn | 04 novembre 2009 à 17:26
@Olivia : Tifenn propose que vous les mettiez en ligne !;-)
@Gaël :-))
@Bleck : dans 43 ans, je ne reconnaitrais plus mon blog....
@Lor : il y avait bien quelques délurées, mais dans l'ensemble, c'était niais je te l'accorde, mais nécessaire ;-)
@Marcus : que de compliments, je rosis :o), la longueur m'affole aussi souvent, mais j'ai du mal à me couper le sifflet ! tant mieux si c'est digeste !
@SAPQ : je crois que je m'en suis bien éloignée tout de même. J'aimerais bien entendre mon cœur battre de nouveau...
@La mère Joie : je dois dire que je m'étais surpassée ! la honte quand même....
@Tifen : chiche, mais la condition première c'est que ce soit aussi ridicule que moi ! si ils sont vraiment beaux, c'est pas drôle !
Rédigé par: Miss Rainette | 05 novembre 2009 à 13:45
Voilà, j'ai osé aussi gnangnan et ridicules!
http://laviequonaime.blogspot.com/2009/11/automne.html
Chuuut.
.-)
Je me suis marrée quand même!
Rédigé par: tifenn | 05 novembre 2009 à 16:10
Bel écho, je trouve.
Je suis un veinard, j'ai deux chouettes copines, avec ces deux-là.
En plus elles sont plus jeunes, ça gâte rien. ;o)
Rédigé par: Marcus | 05 novembre 2009 à 22:13